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[FR] Altranet = Laboratoire pour survivre collectivement à la fin de l'Internet commercial

Voici la traduction en français du texte, en conservant la mise en forme HTML/CSS, les liens et les images : ```html

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Que se passe-t-il quand internet cesse de fonctionner ? Quels types de connexions numériques existent au-delà d'internet commercial ? Est-il possible de continuer à communiquer et à partager des connaissances sans en dépendre ? Comment les internets féministes et communautaires se maintiennent-ils ?

Au cours des cinq dernières années, internet commercial centralisé — contrôlé par les grandes entreprises technologiques — a révélé des failles critiques qui menacent sa continuité. Au-delà des coupures imposées par des gouvernements autoritaires, nous faisons face à deux risques croissants : les interruptions techniques qui laissent des millions de personnes sans connexion, et le danger idéologique d'une infrastructure numérique de plus en plus alignée sur l'agenda de l'extrême droite mondiale. La concentration du pouvoir dans quelques corporations technologiques ne compromet pas seulement la résilience du réseau, elle transforme internet en un instrument vulnérable aux intérêts politiques et économiques, capables de nous déconnecter de manière sélective, intermittente ou permanente.

Causes des interruptions

Le contexte actuel

Les systèmes qui cartographient les interruptions, les pannes et la censure sur internet montrent une augmentation significative des incidents. À mesure que notre dépendance à internet croît dans des secteurs aussi bien critiques que non critiques, ces interruptions affectent un nombre toujours plus grand de personnes, de collectifs et d'organisations, les laissant dans des situations de risque lors de crises et d'urgences. Et il ne s'agit pas uniquement de défaillances techniques : des pays comme la Russie, l'Iran ou le Myanmar travaillent activement à leur déconnexion totale d'internet mondial, tandis que d'autres exportent des technologies chinoises de contrôle des réseaux, comme l'a récemment démontré Intersec Lab.

Par ailleurs, les violences machistes numériques — contrôle, surveillance, deepfakes, harcèlement en ligne ou shadow banning — affectent de plus en plus les contenus des activistes féministes, des organisations et des défenseuses des droits sur des plateformes comme Meta ou X. Internet commercial n'a jamais été neutre : il est de plus en plus assumé ouvertement comme un espace qui discrimine, censure et déconnecte de manière sélective. Ce contexte impacte les femmes et les dissidences de genre, qui maintiennent les réseaux de soins numériques : soutien face aux violences machistes, accompagnement des femmes migrantes et racialisées, activisme LGBTIQ+ et défense des droits sexuels et reproductifs dans des contextes hostiles. Nous sommes également des cibles privilégiées de la censure algorithmique, du harcèlement et de la persécution politique en ligne. Quand internet commercial tombe en panne, ce sont nous les premières à en subir les conséquences.

 Altranet répond à quatre urgences :

  • la crise de résilience d'internet commercial ;
  • l'écart de genre dans l'accès et la gouvernance des infrastructures numériques ;
  • l'intensification des violences machistes numériques et des discours de haine ;
  • et le besoin d'alternatives culturelles articulant art, pensée critique et pratique technique depuis une perspective féministe, décoloniale et intersectionnelle.

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Notre proposition

Pour toutes ces raisons, nous croyons important d'ouvrir des espaces de réflexion et d'appropriation critique — politique, féministe, artistique et citoyenne — sur ce que nous faisons quand internet commercial cesse de fonctionner. Nous devons explorer comment continuer à communiquer et comment prendre soin de formes d'infrastructure plus distribuées qui nous permettent de survivre aux pannes du réseau et à d'autres perturbations, comme les coupures de courant ou l'urgence climatique.

Nous proposons donc un laboratoire d'activités et de pensée critique qui combine la spéculation futuro-topique avec l'apprentissage pratique de technologies résilientes, tissant des imaginaires et des savoirs qui nous permettent de naviguer collectivement vers des formes plus autonomes, féministes et communautaires de soutien à nos communications numériques.

Activités

1. Ateliers de fiction spéculative

Nous explorons des récits autour de la disparition d'internet centralisé et commercial, et de ce qui pourrait venir ensuite : à quoi ressemblerait une altranet féministe ? Quelles pratiques de soin faut-il pour la maintenir ? Quelles nouvelles relations entre humain·es, nature et machines émergent lorsque nous laissons derrière nous l'extractivisme numérique ? En combinant écriture collective, création de mondes spéculatifs et réflexion critique sur la technologie et le féminisme, ces ateliers donneront lieu à des récits futuro-topiques qui rendront visibles des initiatives, collectifs et personnes — passé·es et présent·es — ayant contribué à construire et maintenir internet féministe et communautaire (Altranet) en Europe, en Abya Yala et au-delà. Ainsi, la fiction spéculative met en valeur cette diversité de contributions comme une alternative réelle et déjà existante à internet commercial, patriarcal et colonialiste.

2. Ateliers pratiques de technologies résilientes
  • Préserver des mémoires collectives : Archiver des pages web en local à l'aide de divers outils pour créer des archives statiques (wget, HTTrack, ArchiveBox, etc.). Nous apprenons à identifier les contenus critiques à préserver et à élaborer des stratégies collectives d'archivage.
  • Hébergements situés : Création de mini data centers locaux. Télécharger des pages et des contenus pertinents d'internet en utilisant Kiwix, créer des intranets partagés localement pour le streaming audio et vidéo, expérimenter avec des serveurs domestiques et des réseaux mesh. Nous explorerons les possibilités de l'hébergement décentralisé et communautaire.
  • Communiquer lors de pannes d'internet ou d'électricité : Systèmes radio LoRa et Meshtastic, radioamateur, réseaux communautaires et autres modes de communication possibles dans des scénarios de crise. Nous pratiquerons avec de vrais appareils et concevrons des protocoles de communication d'urgence. Nous présenterons également des technologies solidaires pour partager internet avec des habitant·es de contextes autoritaires, comme TOR Snowflake et WEPN.
  • Créer de nouveaux dispositifs à partir de restes électroniques : Pratiques de permacomputing et de retrocomputing pour prolonger la durée de vie de nos appareils et réduire notre dépendance à l'obsolescence programmée. Nous apprendrons à réparer, réutiliser et réimaginer les dispositifs que nous possédons déjà. Sources d'alimentation en temps de pénurie énergétique : comment recharger des batteries et se connecter à des sources d'alimentation alternatives (solaire, éolienne, générateurs communautaires). Nous concevrons des stratégies d'autonomie énergétique pour les infrastructures de communication.
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Méthodologie

La méthodologie du laboratoire repose sur cinq principes féministes :
1. Pédagogie située et entre pairs. Les ateliers partent toujours des savoirs et des expériences préalables des participant·es. Nous ne reproduisons pas la logique experte/élève, mais construisons des espaces où les facilitatrices partagent des connaissances techniques tout en apprenant de la sagesse pratique du groupe. Chaque activité combine explication accessible, démonstration, pratique collective et réflexion critique.
2. Soin du processus et des corps. Nous appliquons des principes de sécurité holistique : nous respectons le rythme des participant·es, garantissons l'accessibilité (espaces, langage, matériaux), préparons des environnements accueillants pour les femmes et les dissidences de genre, et intégrons des pauses, des repas partagés et des moments de décompression.
3. Articulation art–pensée–technique. Nous refusons la séparation entre création culturelle, réflexion politique et pratique technologique. Les ateliers de fiction spéculative nourrissent les ateliers techniques, et vice versa : les outils techniques alimentent les imaginaires futuro-topiques. Cela produit un savoir hybride que ni l'académie ni l'industrie ne reconnaissent généralement.
4. Production collective et licences libres. Tout ce qui est produit — récits, code, guides, visuels, audiovisuels — circule sous licences libres et copyleft. La paternité est collective chaque fois que c'est possible, et les contributions individuelles sont explicitement reconnues lorsque nécessaire.
5. Sobriété numérique et logiciel libre comme pratiques féministes. Chaque choix technique (serveurs, formats, outils) répond à des critères de faible consommation énergétique, de durabilité, d'autonomie et de non-dépendance aux grandes entreprises technologiques. La sobriété numérique n'est pas une restriction : c'est une pratique de soin des ressources et des corps.

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Collectifs et compagnon·nes impliqué·es

  • Anamhoo
  • Amigas Hacker Club : contribue à la production visuelle du projet (collages, illustration, photomontage).
  • Donestech : collectif cyberfeministe qui fête en 2026 ses vingt ans de travail en faveur de l'inclusion des femmes et des dissidences dans les domaines technologiques, les infrastructures féministes, la souveraineté technologique, la prise en charge des violences machistes numériques (VMD) et les imaginaires autour des technologies féministes. Altranet s'inscrit dans la célébration de ses deux décennies de cyberfémismes.
  • Més Donestech : réseau élargi de créatrices lié à Donestech.
  • Startdown lab : un collectif initié en 2025, composé de participant·es de Donestech et de Calafou, à l'origine du projet Altranet (spideralex et b01 y participent).

Contact

 Pour organiser des ateliers ou des performances Altranet, vous pouvez nous contacter ici.

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Autres projets similaires

  • Permacomputing est à la fois un concept et une communauté de pratique orientée autour des questions de résilience et de régénérativité dans les technologies informatiques et réseaux, inspirée par la permaculture.
  • Futuridad : une initiative critique, créative et située qui génère des espaces pour habiter consciemment le monde post-numérique.
  • Nomad : Un savoir qui ne se déconnecte jamais — Wikipedia, IA, cartes et outils éducatifs fonctionnant sur votre propre matériel — entièrement gratuit. Aucune connexion internet requise.
  • Un Internet Resiliency Club est un groupe d'expert·es d'internet qui peuvent communiquer entre eux sur quelques kilomètres sans aucune infrastructure centralisée, grâce à des radios LoRa bon marché, à faible consommation et sans licence, et au logiciel open source de messagerie texte Meshtastic.
  • 868labs est une initiative basée à Berlin qui crée des outils tactiques pour la communication hors réseau. Nous construisons des systèmes qui se soustraient à l'infrastructure de surveillance sans renoncer à la connexion.
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